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dimanche 18 mars 2012

La bouillotte

Annette et Thomas adorent regarder les vieux épisodes des aventures de Mr. Bean. L'autre jour, ils m'invitent à venir voir une scène dans laquelle Mr. Bean est en train de déjeuner sur un banc, et tient en main une bouillotte en guise de thermos. Je demande à Annette si elle sait ce qu'est cet objet, et naturellement, elle n'en a pas la moindre idée. Alors je lui explique, en prenant pour exemple la bouillotte que mes grands-parents préparaient pour mon frère et moi les soirs trop frais dans leur petite maison sans chauffage central. Nous trouvions ça très amusant, et très agréable!
Cette explication inopinée a alors provoqué en moi un flashback, une série de souvenirs et d'images comme on en voit dans les films, quand tout vous revient tout-à-coup: la boite de Lego (les seuls jouets gardés précieusement dans la maison pour les jeunes visiteurs), la pêche aux petits poissons dans le ruisseau au bout du potager, les épisodes d'Hawaii Police d'Etat sur Antenne 2 l'après-midi, la "chasse au sanglier" (pr
étexte inventé par mon grand-père pour nous emmener faire de grandes marches dans la forêt...), la soupe qui commençait chaque repas le soir (qu'est-ce qu'on n'aimait pas ça alors, mais qu'est-ce que je donnerais pour la goûter maintenant parce qu'elle était sûrement délicieuse), les tartines de sucre le matin, le hachis (spécialité de Papi et Mami, et repas préféré de mon enfance), les marchands de glace (le "bon" et le "mauvais"), la jolie carte postale, une pour moi, une pour mon frère, envoyée par nos parents à qui nous manquions pendant ce mois d'été passé dans leurs Ardennes natales, la maison des sœurs où nous devions nous rendre pour leur téléphoner, puis la cabine installée un jour juste devant la maison, les numéros du magazine belge Bonne Soirée dans lesquels je passais des heures à découper des photos de mode pour en faire ma propre collection, les bonbons à l'anis, les bouteilles de limonade livrées à domicile, et puis le marché le vendredi, pour lequel il fallait se faire propres et beaux, parce que toute la petite ville s'y retrouvait, et les exclamations: "Oh, comme ils ont grandi. Et comme ils ressemblent à leur papa!" Ce que je trouvais toujours très drôle, même petite, parce qu'une semaine auparavant, sur un autre marché, avec nos grands-parents maternels, nous ressemblions tant à notre maman...

vendredi 10 février 2012

Les lumières du couloir

Hier soir, après le repas, Annette s'approche et me prend dans ses bras. Je la serre à mon tour, très fort, je ferme les yeux, et je repense à ces quelques minutes où on m'amenait enfin à ma chambre, au milieu de la nuit, épuisée, et encore un peu groggy, après un très long travail et une césarienne. J'étais allongée et je regardais, fière et heureuse, ce beau petit bébé qui tenait dans le creux de mon bras gauche et qui admirait, les yeux grand ouverts, et pleins de curiosité déjà, les lumières du plafond qui défilaient le long du couloir. Ce moment primordial reste toujours avec moi. J'aime le raconter à Annette, et elle aime m'écouter, encore et encore. Et j'aime aussi ces autres moments depuis, où je retrouve immanquablement chez elle cette énergie, cette intensité, et cette curiosité, décelées dès le premier jour, dans ce regard émerveillé de nouveau-né...

lundi 2 janvier 2012

The Sense of an Ending

Quand j'ai parlé de reprise hier, je n'ai pas précisé que cela concernait seulement les enfants... Pour une raison quelconque, les écoliers de notre comté n'ont pas bénéficié de la journée supplémentaire de congés accordée à la plupart des enfants du pays. Annette et Sir Thomas ont donc repris le chemin de l'école ce matin, et ils en étaient ravis. Pour ma part, moi, j'étais ravie d'avoir devant moi une journée bonus à la maison, le campus étant fermé jusqu'à demain... Et cette journée, je l'ai passée à lire. Quel luxe! Je me suis jetée dans The Sense of an Ending de Julian Barnes, sachant d'avance -- parce que tout le monde le dit -- que je ne pourrais le reposer qu'après l'avoir fini. C'est un roman court, ou comme Barnes aime corriger ceux qui utilisent ce terme, "concis," qui, une fois dévoré, reste avec vous et vous donne envie d'élaborer et de partager des hypothèses, mais attention, mieux vaut ne pas trop en dire....
Je n'avais pas lu de roman anglais depuis longtemps et cela m'a replongé dans mes études à la fac de Nancy. Surtout le titre du roman d'ailleurs, qui ne peut
être une coïncidence, puisqu'il est exactement le même que celui de l'ouvrage de 1967 de Frank Kermode, et que les deux auteurs abordent des thèmes similaires, l'un par le biais de la fiction, l'autre par la théorie (quelque chose à étudier...). Et Kermode lui, m'a fait repenser à ce cours de licence sur le roman anglais avec M. Morel, que je n'avais pas du tout aimé sur le moment mais qui à long terme a été l'un des cours les plus marquants et utiles pour mes études de littérature. Au moment de choisir une de mes options, je m'étais inscrite dans ce cours principalement pour être avec ma copine Véro qui, elle, vénérait Morel. Moi, j'étais Chardin à fond. C'était le spécialiste de Shakespeare et Milton. Pendant 3 ans, il m'a fascinée avec ses explications de pièces et de sonnets. Une pièce par trimestre. Mais il y avait tant de choses à dire! Ce n'était pas difficile d'avoir une place dans ses cours. A part quelques groupies dont je faisais partie, la majorité des étudiants étaient là parce que les pauvres étaient arrivés trop tard au panneau d'affichage pour s'inscrire dans un autre cours -- n'importe quel autre cours! Il faut dire que Chardin, il notait super vache... Alors oui, il y a eu Chardin, et Morel pour la théorie du roman, et puis Mme Meneses aussi. Elle, c'était une des profs de littérature américaine, une espèce d'anti-Chardin parce que 1) elle s'occupait de littérature AMÉRICAINE et CONTEMPORAINE, 2) elle enseignait à l'américaine, c'est-à-dire 30 poèmes par heure, au lieu d'une dizaine de sonnets par trimestre, 3) ses cours étaient mortels, et 4) elle notait beaucoup moins vache. Madame Meneses a aussi été très importante dans mes études, ma carrière et ma vie car c'est elle qui m'a fait découvrir Dos Passos et Tennessee Williams, et c'est elle qui m'a donné le poste de lectrice à Ball State University, qui a marqué le début de ma vie aux US. "Tu n'as aucune chance," m'avait dit ma copine Isabelle, "ce poste, elle le donne à une maîtrise parce qu'il faut avoir sa licence en poche avant le départ". J'ai hésité quelques secondes, et puis je suis allée postuler malgré tout. J'ai passé un entretien avec elle, et elle m'a donné le poste, en me faisant promettre de réussir tous mes examens en juin parce que je n'aurais pas la possibilité de revenir pour la session de septembre. C'était au printemps 1990.
Alors voilà, je vous recommande ce roman. Assurez-vous d'avoir plusieurs heures devant vous. Laissez passer un peu de temps, et voyez si ce livre ne vous fait pas, vous aussi, replonger dans quelque moment marquant de votre passé (avec les regrets du personnage en moins, j'espère...).


lundi 24 janvier 2011

Lorraine


Messine qui raconte ma vie en Floride, je redécouvre avec plaisir ma ville et ma région par la lorgnette d'un Américain et de sa femme ayant séjourné dans ma ville natale: Dispatch from Metz et Susie in France. Le regard porté par l'Autre sur ce qui nous est si familier est fascinant. Autre regard, autre blog, plein de belles photos: Un dimanche en Lorraine.

samedi 15 janvier 2011

Play dates

Vous vous souvenez quand vous aviez 8-9 ans et que vous enfourchiez votre vélo pour aller retrouver des copains le samedi en début d'après-midi et rentriez chez vous à temps pour le repas du soir? Moi je montais la rue de la Gare pour retrouver mes copines qui habitaient dans l'impasse suivante et nous jouions - et nous disputions un peu aussi, mais pour mieux nous réconcilier - jusqu'à ce que les cloches de l'église Saint-Brice se mettent à sonner pour la messe quotidienne de 18h30. C'était mon signal, l'heure de rentrer. Certains mercredis après-midi aussi, ou pendant les vacances, nous allions nous promener le long de la voie ferrée désaffectée ou faire des balades en vélo. Malheureusement, une telle spontanéité n'est pas possible ici, et, à moins d'avoir la chance de tomber sur une copine du même âge avec qui on s'entend bien comme voisine, la vie sociale des enfants doit être prise en charge par les parents par le biais de ce qu'on appelle ici play dates. Maintenant qu'Annette a presque 8 ans, une de mes résolutions cette année est de lui organiser davantage de play dates pour qu'elle puisse s'amuser avec des enfants de son âge en dehors du cadre de l'école. J'en ai déjà programmé deux ce mois-ci et vais essayer de me tenir à cette moyenne pendant l'année. Katie vient passer l'après-midi aujourd'hui, et la semaine prochaine, ce sera Elena.

samedi 20 novembre 2010

Parents Appreciation Night

Hier soir, c'était Parents Appreciation Night à l'école de Sir Thomas. Quelle superbe idée! Ce jour-là, on dépose son enfant le matin, comme d'habitude, et on le récupère entre 20h30 et 21 heures. Les petits font la fête en pyjama, mangent de la pizza, du popcorn, et quelques fruits quand même, et ont le choix entre toutes sortes de jeux et activités organisés dans la cour illuminée et décorée pour l'occasion. Les parents en profitent pour sortir dîner, ou pour rentrer à la maison et se faire une mini soirée repas tranquille + télé, comme j'ai entendu une maman l'avouer. Les frères et sœurs sont également accueillis. Nous avons déposé Annette à 17h30. Il a fallu ruser pour la faire rentrer dans l'école sans être vus par Sir Thomas (sinon, c'était râpé!). Je n'étais d'ailleurs pas la seule maman pliée en deux derrière la barrière...
17h35, nous avions 3 heures devant nous. Nous sommes allés prendre un verre sur un balcon à 2 pas de la plage, et avons profité d'un superbe coucher de soleil: silhouettes de palmiers sur dégradé d'orange et fond bleu. Mojito pour monsieur, Martini pamplemousse-basilic pour madame.

Nous sommes ensuite allés dans un resto belge. Un plat de moules-frites et quelques bières qui m'ont fait repenser à mes petites sorties nocturnes en famille à l'Oasis de Beauraing, de l'autre côté de la frontière...
Puis nous avons récupéré les petits qui s'amusaient comme des petits fous, et qui avaient, eux aussi, passé un bon moment.

vendredi 19 novembre 2010

J’adore le mois de novembre

Si, si, c’est vrai. J’ai toujours aimé ce mois qui est souvent redouté, comme influencé par son premier jour, la Toussaint, qui semble lui donner le ton - pluie, grisaille, froid, tristesse - et désavantagé par ces jours qui n’en finissent pas de raccourcir. Peut-être que j’aime ce mois parce qu’après tout, c’est le mois où je suis née, et je l’ai toujours associé à mon anniversaire, et donc pendant toute mon enfance, aux cadeaux. Où peut-être est-ce parce que la plupart des gens n’aiment pas ce mois. (Esprit contestataire, va!) Où peut-être est-ce tout simplement parce que j’ai toujours eu un petit côté casanier et que j’aime l’automne qui invite à rentrer à la maison et à se calfeutrer, en se disant "Qu’est-ce qu’il fait froid dehors, mais qu’est-ce que je suis bien ici".
Cela me rappelle qu’une fois, dans un cours de religion en 6ème ou 5ème, Madame F. nous avait demandé quelle saison nous préférions, et j’avais été la seule à répondre "l’automne". Elle m’avait demandé de justifier cette réponse qu'elle avait apparemment trouvé bizarre. Et puis je ne sais plus comment on en était arrivé à cette question, mais elle nous avait demandé à quel mois nous préférerions nous marier. Et moi j’avais répondu "novembre". Je trouvais ça très romantique, mais Madame F. avait essayé de me faire changer d’avis en me montrant tous les aspects pas bien pratiques d’un mariage célébré à cette période de l’année, qui selon elle, n’était pas aussi pleine de vie et de beauté que le printemps ou l’été. Oui, évidemment, la robe blanche bien décolletée et sans manches, ça ne rentrait pas bien dans ce cadre là, mais j’imaginais malgré tout une fête qui pourrait être adaptée à cette saison, décorée de rouge, orange et or, et une mariée emmitouflée de blanc.
Finalement, je me suis mariée en plein mois de juillet, comme tout le monde, mais n’empêche… j’aime toujours le mois de novembre. Et vous?

samedi 25 septembre 2010

Petit vélo bleu pour grand garçon


Nous avions acheté ce petit vélo bleu à Chicago pour les 4 ans d'Annette. Elle n'était pas assez grande pour le modèle au-dessus, mais elle était déjà presque trop grande pour celui-ci. Elle l'aurait préféré en rose, naturellement, mais nous savions que Sir Thomas était en route, et qu'elle-même passerait au modèle suivant d'ici ses 5 ans. Alors, avec la complicité de la vendeuse, nous avions réussi à la convaincre que bleu était une très jolie couleur aussi, et le petit panier blanc garni de 3 fleurs, acheté en supplément, avait scellé l'affaire. 3 ans et demi plus tard, le petit vélo bleu a repris du service, après avoir patiemment attendu dans le garage qu'on lui regonfle ses pneus et l'ajuste à la taille d'un petit bonhomme plus que ravi de passer de son tricycle à un vélo "de grand". Beaucoup plus à l'aise sur son vélo, Sir Thomas était prêt à faire la course avec sa grande sœur... (une grande sœur qui a dû s'armer de patience et de compréhension pour éviter de ne pas être toujours la première...).


Vous remarquerez que la période rose de la petite fille de Chicago lui est passée... Son nouveau vélo, qui a remplacé le vélo - enfin rose - de ses 5 ans, est bleu, et c'était, cette fois-ci, son choix.




jeudi 25 mars 2010

Le petit lit

Il y a 7 ans, nous bravions le froid de l'hiver qui n'en finit pas pour nous aventurer dans un BabiesRUs de la banlieue de Chicago. Il s'agissait de trouver un petit lit pour notre bébé dont l'arrivée était prévue en avril. Nous voulions quelque chose de joli, blanc, et original. Nous avons tout de suite trouvé notre bonheur. L'ensemble drap, courte-pointe, lampe, petit rideau, et jolie pochette garde-couche, ni rose bonbon, ni pastel, nous l'avons aussi choisi sans hésitation: il s'appelait Little City. Finalement, ce qui nous aura pris le plus de temps ce jour-là, c'était le matelas... Pas facile de décider lequel prendre. Mon gros ventre en avant, et les mains soutenant le bas de mon dos, je passais de l'un à l'autre, en lisant les caractéristiques de chacun, pour être sure d’identifier le meilleur. Nous avons finalement fait notre choix, et nous avons pris le chemin du retour, tout heureux d'avoir franchi cette nouvelle étape, d'être encore un peu plus prêts à accueillir notre fille.
Elle semblait bien petite dans ce petit lit qui semblait si grand quand nous l'y avons déposée le jour où nous sommes rentrés de la maternité. Elle avait 3 jours. Et puis elle a grandi, et nous lui avons acheté un lit de grande, en octobre, 2 ans et demi plus tard. Le petit lit a alors été démonté, rangé au sous-sol, et gardé pour «plus tard» ... Pour notre plus grand plaisir, il a repris du service à la fin de l'été 2007, pour accueillir un autre bébé qui le faisait à son tour paraître si grand. Et 2 ans et demi plus tard, nous l’avons démonté une nouvelle fois, pour de bon cette fois-ci. Sir Thomas a reçu aujourd’hui son lit de grand garçon, paré de draps décorés de camions et de bulldozers.
Dans quelques jours, nous nous séparerons de toutes ces choses que nous avons acquises main dans la main pour accueillir nos enfants: le petit lit, le fameux matelas, la chaise haute, la poussette, et le siège-auto dans lequel nous avons installé nos petits bouts pour les amener chez nous la première fois, précieux cargo qui faisait presque rouler au pas des parents à la fois fiers, heureux et bouleversés par l’ampleur de cette nouvelle responsabilité. Cela ne se fera pas sans pincement au cœur, mais il nous suffira de regarder nos bébés devenus de si beaux enfants et de penser à bien profiter du moment présent pour franchir cette étape sans trop de nostalgie...

dimanche 27 décembre 2009

Un joyeux Noël

Ce que je préfère la veille de Noël et le jour même, c'est le temps qu'on prend d'être ensemble. Tout ce qui n'est pas festif est remis à plus tard, on n'y pense même plus. Le 24, c'est la fête qui se prépare et l'anticipation des enfants, et le 25, c'est le plaisir de découvrir et de s'amuser toute la journée.

Je me souviens de ces deux jours particuliers quand j'étais petite et que mon frère et moi nous levions plusieurs fois dans la première partie de la nuit pour regarder par la fenêtre de la salle de jeu si le Père Noël était passé et avait déposé ses cadeaux au pied du sapin, en bas dans le salon. Nous n'osions pas descendre les escaliers de peur de faire craquer les marches de bois et de nous faire prendre en flagrant délit d'infraction une veille de Noël, mais en nous collant le nez sur la vitre et en regardant de biais, nous pouvions voir sans être vus – ni entendus. Au final, nous n'avons jamais rien vu, parce que le sommeil a toujours été plus fort que nos petits esprits surexcités... Je revis désormais à travers mes enfants ces deux jours chéris de mon enfance.



Jeudi, les préparatifs sont allés bon train: Annette et Sir Thomas ont chacun préparé trois sachets de magic reindeer food, un chacun et un pour notre petite voisine, Julia. A la nuit tombée, ils en ont allègrement parsemé le gazon devant la maison.


Avant d'aller se coucher, Sir Thomas a lu quelques livres au sapin, comme il le fait tous les soirs depuis que nous avons notre sapin INSIDE,



et Annette a préparé une assiette de cookies et un verre de lait pour le Père Noël.


Elle était la première levée le 25, mais a eu la patience d'attendre que son frère se réveille pour inspecter sa chaussette de Noël et ouvrir ses cadeaux.


Sir Thomas, qui ne s'attendait certes pas à toute cette activité matinale, s'est bien pris au jeu et en a même redemandé en se levant après sa sieste de l'après-midi. Revenu au pied du sapin, il a demandé: "Where did all the presents go...?"
Une poupée joueuse de foot et une "perceuse" sont les 2 cadeaux phares de cette année, mais les enfants ont joué avec chaque jouet reçu, et Annette a commen
cé à dévorer ses nouveaux livres. Ça fait deux jours que je les regarde et les écoute s'amuser et rigoler ensemble, et je ne m'en lasse pas. Ça, c'est mon cadeau à moi...



jeudi 19 mars 2009

La récré

La cour de l'école était bordée d'un côté de la Seille, en contre-bas, et de l'autre côté, de l'église Saint-Brice en contre-haut (pas sûre que ce mot existe, mais vous voyez ce que je veux dire). La cour était en forme de rectangle, avec une bande d'herbe du côté de la rivière.

A la récré, nous avions parfois le droit d'apporter un ballon pour organiser une partie de foot ou de balle au camp. Sinon, il fallait recourir aux classiques: jouer au loup ou à chat perché (bien qu'il n' y avait pas trop de quoi se percher), à l'élastique, à la corde à sauter, ou encore échanger ses auto-collants Panini malheureusement collectionnés en double ou en triple.

On pouvait aussi se servir de son imagination: jouer à Drôles de Dames avec ses copines, par exemple, chanter "Trois petits chats" en frappant des mains à toute vitesse, ou tout simplement discuter de Platini, Maradona,

Claude François et Travolta.

Nous n’avions pas de balançoires, toboggans, ni monkey bars, mais un gros arbre bien vieux, avec d'énormes racines, autour duquel nous tournions et tournions, de racine en racine, avec le fou rire.

L'hiver venu, la petite pente gazonnée qui partait du mur de l'église pour atterir dans la cour était recouverte de neige, et nous avions tous tellement envie d'y grimper et de nous laisser glisser le plus de fois de possible avant le coup de sifflet annonçant la fin de la récré (qui retentissait toujours trop vite), mais non, c'était formellement interdit! Ah... Soupir.

Un printemps, la Seille avait, comme toujours, débordé, mais cette fois, encore plus que d'habitude. Chaque jour on espérait qu'elle monterait jusqu'au niveau de l'école qui devrait alors fermer, évidemment. Nous observions la rivière, et faisions des prédictions: "D'ici demain, c'est bon, les maîtresses auront les pieds dans l'eau".

Cette année-là, c'est passé près, mais la cour n'a pas été inondée. Les enfants qui habitaient de l'autre côté du pont, avaient la chance d' être transportés en tracteur pour pouvoir aller en classe malgré tout. Ça, au moins, c'était rigolo, mais moi, j'habitais du bon (mauvais?) côté... Pas de tour en tracteur, pas de maîtresses aux pieds mouillés, ni d'école fermée, mais bon, il y avait toujours... la RÉCRÉ.

La récré, c'était sacré. Et ça l'est toujours, j'en suis sûre.

mardi 3 mars 2009

Les maths et moi

Ça a toujours fait deux. D ès le début. Il m'a fallu un certain temps pour réaliser, puis accepter, que 3+2 et 2+3, c'est la même chose, et du coup, dès le primaire, le verdict est tombé: "Littéraire. Suivant!" Alors je suis drôlement soulagée que ce simple fait mathématique, et le calcul en général, semblent couler de source pour Annette, qui non seulement fait ses additions et soustractions en 2 temps 3 mouvements, mais en redemande même, le soir à table, pour s'entraîner au calcul mental. (Note à mon cher papa: il y a de l'espoir pour les périmètres...)


jeudi 13 novembre 2008

La balançoire

Nous n'en avions pas à la maison, mais il y en avait une chez mes grands-parents. Mon Pépé l'avait construite. Elle était toute simple. Mais elle marchait très bien, enfin, elle balançait très bien. Je me souviens d'avoir été trop petite, au début: je devais agripper fermement les deux côtés et me soulever de toutes mes forces pour m'asseoir sur la petite planche de bois jaune. Il y avait toujours un peu d'appréhension quand on allait un peu haut et qu'un des pieds commençaient à se soulever. Et puis, un peu plus d'appréhension quand 2 des pieds commençaient à se soulever. Un désir d'aller toujours plus haut se mêlait à une légère crainte, mais un vrai défi aussi, de voir si la balançoire basculerait tout-à-fait, et nous avec...
Pendant l'été 1976, la balançoire de Givet s'est trouvée une seconde vocation: les deux arceaux auxquels elle était accrochée se sont tranformés en barres, ni asymétriques, ni parallèles, mais barres de gymnastique tout de même, sur lesquelles mon frère et moi essayions de copier des mouvements à la Nadia Comaneci. Je me demande maintenant si Mémé nous regardait de la fenêtre de la cuisine, inquiète que nous nous cassions la figure en beauté, mais nous laissant nous amuser malgré tout, en croisant les doigts...
Avoir sa propre balançoire, c'est toute une histoire. Je me souviens du jour où le portique commandé pour ma petite soeur est arrivé à la maison. Il pleuvait des cordes, mais elle ne pouvait absolument pas attendre une minute, alors nous sommes tous sortis dans le jardin, et le portique a été monté illico presto, sous la pluie battante.
Maintenant, c'est Annette et Sir Thomas qui emmagasinent leurs souvenirs de balançoire. Une balançoire, que dis-je, un énorme portique avec toboggan et filet de pirate, construit à la main par leur papa et leur Tonton Baptiste, qui ont mesuré, découpé, et assemblé des poutres de bois, en plein soleil, pendant notre 1er été ici. Un travail de titan, un travail de fourmi, mais qui vaut son pesant d'or pour nos petits: l’un qui, pour l'instant, aime se balancer tranquillement, et l'autre, qui a déjà trouvé bien d'autres possibilités... Je regarde par la fenêtre, et je croise les doigts...

vendredi 20 juin 2008

Je joue, tu joues, elles jouent...

Dans le jardin de Papi et Mami, il y a la petite maison, le petit bureau, les petites chaises, etc... Les cousines ont bien joué avec cette petite maison: et que je rentre, et que je sorte, et “bonjour, madame!,” et “au revoir, madame!,” et que j'ouvre les volets, et que je ferme les volets, et que je rouvre les volets, et que je me cache, et que tu me trouves... Quels bons fous rires elles ont eu toutes les deux, et nous avec. Mais elles sont désormais un peu trop grandes pour cette petite maison qui se trouvera une seconde raison d'être l'été prochain quand Sir Thomas et sa cousine Clémence pourront, à leur tour, y faire les petits fous ensemble.
Dans le jardin de Papi et Mami, on sort aussi tous les jouets: mes Barbies, et celles de Tata Cécile, ainsi que les Playmobiles et les petites voitures de Tonton Fabrice. Parmi les jolies tenues de Barbie qui restent, il y a celles que Papi avait ramenées de ses voyages à Berlin, achetées au PX américain. (Autant dire que ces tenues-là, je ne les retrouvais pas sur le dos des Barbies des copines!) C'est là aussi qu'il trouvait toutes les super Matchbox et les boîtes de petits soldats en platique qui représentaient les armées de différents pays. (Mon frère et moi les organisions par terre de part et d'autre de son lit et nous lancions dans un combat impitoyable à coup de billes pour être le premier à faire tomber tous les soldats de l'autre). Fabrice et moi attendions toujours notre papa avec encore un peu plus d'impatience quand il rentrait de Berlin, parce que nous étions heureux de le retrouver, bien sûr, mais aussi parce que nous savions qu'il rapportait avec lui de belles surprises dans sa valise!


La combinaison bustier - pantalon, plus seventies, tu meurs, non?

Et aujourd'hui, ce sont nos petits qui jouent et qui continuent de faire vivre ces anciens jouets avec leur imagination, et pour notre plus grand plaisir.

jeudi 5 juin 2008

Petite promenade

J'ai emmené Annette faire une petite promenade: destination, la bibliothèque municipale. Celle-là même où j'allais régulièrement toute seule sur mon vélo blanc, il y a - hou là là, attention - 30 ans. (Ce chiffre me paraît tout simplement *surréel* parce que, franchement, j'ai l'impression que c'était hier, ou bon, allez, avant-hier). Nous avons descendu la Rue de la Gare, traversé le pont tout fleuri de géraniums multicolores, longé la mairie, puis nous sommes passées devant ce que je continue d'appeler le Migros, et nous sommes arrivées au centre socio-culturel, qui, je trouve, n'a pas pris une ride (lui). Quelle émotion devant les portes de cette petite bibliothèque où je ne suis pas retournée depuis des lustres. Vite, une petite photo pour marquer l'événement: mon Annette, 5 ans, prête à pénétrer dans ce lieu magique.

A l'intérieur, les choses ont très peu changé, mais il existe maintenant un coin lecture pour les enfants décoré d’une grande table ronde peinte en jaune avec Dora et compagnie dessus (évidemment). Annette, qui a de qui tenir, s'est précipitée vers les baquets, a commencé à sortir 1, 2, 3, 4, 5, 6 livres. Je lui ai vite demandé de s'arrêter là - tout bas et en anglais - un peu inquiète à l'idée que les 2 bibliothécaires n'apprécient pas trop ce déballage intempestif à un quart d'heure de la fermeture... Aux US, je la laisse faire, parce que comme chacun sait, l'enfant y est roi, mais ici, j'ai préféré me la jouer maman française – à cheval sur les bonnes manières et soucieuse du qu'en-dira-t-on. Je ne voulais pas que la rumeur commence à circuler dans tout le village que la petite-fille de M. et Mme C. avait fait le bazar à la bibli sous le regard approbateur de leur fille... Finalement, nous n'avons pas pu sortir de livres car je n'avais pas apporté de justificatif de domicile. Il faudra donc repasser.
Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtées à la boulangerie pour acheter un petit croissant. Il n'y en avait plus au chocolat blanc, comme la dernière fois. Par contre, il en restait à la mirabelle... Un vrai délice, bien de chez nous.

jeudi 15 mai 2008

Petite musique

Nous étions tous les 4 dans la chambre de Thomas, prêts à lui changer sa couche (eh oui, en famille, comme on le fait de temps en temps une fois que tout le monde est rentré à la fin de la journée), quand nous avons entendu une petite musique, style musique de jouet, mais que nous n'arrivions pas à identifier. Nous nous sommes tous regardés un instant, puis, ayant la même idée, nous nous sommes tournés vers la fenêtre - Annette a même grimpé sur le coffre à jouets pour mieux voir... Est-ce que ce ne serait pas... mais oui, c'était bien ça: un marchand de glaces!!! Il est passé au ralenti devant la maison, j'ai vite trouvé mon porte-monnaie et hop là, nous sommes sortis acheter une glace, Sir Thomas avec sa couche pas encore changée et son body un peu débraillé, et moi avec toutes les barrettes qu'Annette m'avait mises dans les cheveux pendant qu'on jouait à la coiffeuse. (J’ai quand même vite vérifié dans le miroir du salon pour être sûre que je ne risquais pas d’effrayer les enfants du quartier).
Que de souvenirs en voyant cette camionnette… Mes vacances d’été à Vireux-Molhain, chez mon papi et ma mami, avec mon petit frère. Deux marchands de glaces passaient l’après-midi: un dans sa fourgonnette jaune avec “Glaces” écrit dessus en papier-collant brun – il ouvrait son coffre et proposait sa marchandise à l'arrière du véhicule; l’autre, dans une camionnette qui s’ouvrait sur le côté, toute colorée – il en jetait plus, c’est certain. Je me souviens surtout d'un jour où nous avions entendu le klaxon et étions descendus en courant dans la rue. En voyant le glacier à la fourgonnette s'arrêter devant la maison, je m'étais alors écriée, en direction de ma pauvre mami toute gênée sur son pas de porte: “Ah non, pas celui-là, c’est le mauvais…"


mardi 27 novembre 2007

Sagesse

Cet été, j'ai lu le livre de Pascal Quignard Tous les matins du monde. Outre l'histoire de Marin Marais et des Sainte-Colombe, j'ai retenu une citation que je trouve très belle: "Tous les matins du monde sont sans retour." Si cette phrase fait penser au passage inéluctable du temps, elle invite aussi, je trouve, à apprécier et profiter de chaque jour, dès le réveil. En entendant le narrateur la prononcer dans l'adaptation cinématographique que nous avons regardée ce weekend, j'ai repensé aux autres petites phrases quasi proverbiales qui me servent de mot d'ordre: "Il y a toujours une solution" (optimiste) et "Things happen for a reason" (optimiste ou fataliste, c’est selon). Ces deux-là sont apparues avec l'expérience de la vie, les réussites et les échecs, les joies et les peines. Mais un autre mot d'ordre qui m'influence depuis que je suis toute petite, je le tiens de mon Pépé. Nous étions, Pépé, Mémé, Fabrice et moi dans la R16 blanche, dans la forêt des Ardennes, entre Givet et Metz, dans la montée et les virages (ça me tourne rien que d'y repenser...). Je ne sais pas quel âge j'avais, mais certainement pas plus de 10 ans. On discutait et j'ai dit quelque chose du style: "Moi, je n'aime pas la Bourse*, ça m'énerve." A quoi Pépé a répondu: "Mais il faut s'intéresser à tout." Sur le coup, j'avoue que j'avais été un peu vexée, mais je sais maintenant que cette remarque a été déterminante. Pourquoi ce moment m'a-t-il marquée, pourquoi est-ce que je m’en souviens si vivement? Je ne sais pas. Toujours est-il que cette petite phrase m’est restée et continue d’être mon mot d'ordre, un modus vivendi que j'ai bien l'intention de transmettre à mes petits chéris.

*Pour les petits jeunots et ceux qui l'auraient oublié, je précise que quand j'étais petite, le journal de 13 heures se terminait toujours par l'intervention d'un journaliste (je me souviens même de leurs noms: François Donati et René Tendron, c’est pour dire!!!) qui se trouvait au Palais Brongniart pour donner des nouvelles de la Bourse. Et je trouvais ça TRÈS ennuyeux.